POÈMES Extraits du recueil Le chemin de l’homme (1972) Karl RISTIKIVI

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Le chemin du lézard aussi laisse une trace sur la pierre,
même si nous ne la voyons pas.
Chaque pensée qui vient et va
persiste quelque part intacte.
Ce que tu as offert avec le sourire
un jour peut-être finira,
mais le sourire demeure.
La joie que tu n’as pas su saisir
reste en attente éternellement,
Même les mots qui n’ont pas été prononcés
ont été dits en pensée
et mis quelque part en réserve.
Comment sinon le petit nombre de nos jours
peut-il remplir les greniers infinis du temps ?
Comment sinon un seul instant
peut-il déplacer une pierre ?

Celui à qui il a été peu donné
le porte sur son cœur.
Celui à qui il a été beaucoup donné
le laisse perdre entièrement.

Tous les chemins sont égaux en longueur dans le temps.

Traduit de l’estonien par Jean-Pierre Minaudier

http://www.litterature-estonienne.com/ristikpoemes.html

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L’arbre et la fleur de Baalë Rhune

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Il était une fois une fleur qui poussait dans le creux d’un arbre.
A chaque fois que l’arbre laissait la fleur pousser, elle poussait et
s’ancrait toujours un peu plus dans l’arbre. L’arbre lui aimait la
fleur, mais il se sentait de plus en plus rongé de l’intérieur. Alors, il
se demanda que faire, car plus il aimait la fleur moins il sentait qu’il
allait bien.
Un jour, il finit par être à la limite de la vie : s’il mourrait il
mourrait et la fleur avec lui. Dans ce grand choix, il demanda à un
corbeau noir qui volait près de lui : “corbeau, dit l’arbre, que ferais-
tu à ma place ? J’aime cette fleur, mais elle me ronge et cela finira
par me tuer et elle avec. Je n’ai pas envie de mourir et je n’ai pas
plus envie qu’elle meure.
– Tu sais, dit le corbeau, j’ai déjà connu une telle histoire : moi,
j’aimais les cerises d’un magnifique cerisier. Or, je les aimais tant
qu’un jour, je les eus toutes mangées. Je fus triste et affamé.
– Pauvre corbeau, ton histoire m’émeut, mais je n’y voit dedans
aucun conseil.
– Si mon histoire a finit triste, c’est bien parce que je n’ai pas de
conseil à te donner.”
Le corbeau s’en alla donc.
L’arbre perdit ses premières feuilles et dans son creux, la fleur
semblait toujours aussi belle. Il ne voulait pas s’en séparer.
“Fleur, dit-il, je meurs.
– Mais si tu meurs, je meurs avec toi.
– Oui, je suis désolé.
– Ne sois pas désolé, c’est ma faute, c’est moi qui te fait mourir.
– C’est moi aussi.

– Tu es idiot alors.
– Je t’aime fleur.
– Je t’aime arbre.”
L’arbre perdit de plus en plus de feuilles et s’assécha. La fleur
fana elle aussi. L’arbre la trouvait moche à présent, lui aussi il se
trouvait moche. Il se demanda comment il pouvait se laisser mourir
ainsi, mais il était déjà trop tard, il n’avait plus de force.
La nuit tomba alors, l’arbre et la fleur moururent.
Mais ils se réincarnèrent. La fleur en papillon et l’arbre en
escargot géant. L’escargot géant mangeait des antilopes dans la
savane et était devenu ami avec des troupeaux d’éléphants. Le
papillon butinait dans les fleurs de la savane et discutait souvent
avec des hyènes.
Un jour, l’escargot géant grimpa dans un arbre pour attraper
quelques mangues. Dans l’arbre, il se rappela son ancienne vie : je
me rappelle dit-il. J’ai été arbre et je suis mort à cause d’une fleur et
à cause de moi. Il faut que je sois sage maintenant, il ne faut jamais
que je l’oublie. L’escargot s’enroula dans sa coquille puis en
ressortit avec des palmes. Il plongea de l’arbre dans la savane et
traversa celle-ci à la nage.
“Oui, se dit-il, je ne serait plus idiot, je veux être intelligent. Je
vais tout de suite voir la marmotte blanche qui m’apprendra à
devenir sage.”
Arrivé aux montagnes de la marmotte blanche, il rencontra un
corbeau qui venait lui aussi en quête d’intelligence. En se
rencontrant, ils se demandèrent : “sais-tu où trouver la marmotte
blanche ?
– Non, escargot géant, je ne sais pas, et toi est-ce que tu sais ?
– Si je te le demande, c’est que je ne sais pas.
– Zut.”
N’ayant pas la marmotte blanche avec eux, il demandèrent tout
de même conseil à un plant de myrtilles aveugle : “comment peut-
on devenir plus intelligent ?
– Je vais vous dire, leur annonça-t-il. Avant, j’avais encore la vue et
j’admirai les nuages qui passaient au dessus de moi. Un jour de si
beaux nuages passèrent que je ne voulus jamais les quitter. J’appelai
alors tous les dieux que je connaissais pour qu’ils me viennent en
aide. Ils me répondirent que s’ils me prenaient la vue, je pourrais
rester avec les nuages aussi longtemps que je le désirerais. Ainsi,
j’apportais aux nuages des myrtilles et eux, ils m’apportaient leur
présence. Cependant, je devais boire les nuages pour ne pas mourir.
Et je me rendis compte que je les tuais peu à peu. Alors, je les
laissai et redescendis sur ma montagne. Je fus triste, mais bientôt je
fus encore plus heureux que je ne l’avais jamais été. Une force
magique me traversa du coeur jusqu’au nuages. Depuis, je la sens
encore autour de moi, et elle me remplit de bonheur. Chaque
nouveau jour est encore plus beau : j’ai gagné le respect des nuages
et je contemple notre amour.
– Et alors ? demandèrent l’escargot et le corbeau.
– Et alors, cela signifie qu’il ne faut pas attendre de l’autre qu’il se
coupe le pied par amour parce qu’on s’est coupé la main par amour.
Quand on aime, on ne se sacrifie pas.”
Rempli d’intelligence, l’escargot géant retourna dans la savane
et raconta cela à tous les êtres qu’il croisa.
Un jour, il rencontra un splendide papillon et lui transmit son
intelligence. Le papillon était très impressionné par un si bel
escargot. Alors il l’accompagna dans ses traversées de la savane.
L’escargot invita le papillon à dormir dans la coquille et à y vivre.
Malheureusement, le papillon fut bientôt vieux, alors
l’escargot lui donna la moitié de sa coquille. Mais le papillon finit
par mourir. Puis, comme le corps du papillon dans la coquille libéra
des substance mortelles, l’escargot géant mourut aussi à son tour.
Un vieux corbeau passant par là décrypta ce qui venait de se
passer et il médita dessus très longtemps. Un jour, il alla voir la
marmotte blanche qui lui annonça : “l’amour n’est pas aussi simple
que l’intelligence.”
L’escargot et le papillon étaient morts, mais ils se
réincarnèrent. L’escargot en fleur et le papillon en arbre.
FIN
Baalë Rhune

Parole de Le Cœur D’un Enfant: Michel Jonasz

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Le cœur d’un enfant c’est grand
Des vaisseaux spatiaux s’y baladent
Et si leurs Mamans tombent malades
Elles guérissent en regardant dedansOn y voit des goélands
On y boit des rivières d’orangeade
En écoutant les galopades
D’un cheval pur-sang

Le cœur d’un enfant c’est grand
L’amour s’y déverse en cascade
L’ours blanc fait des glissades
Sur la seule neige du monde qui dure vraiment

Le cœur d’un enfant c’est grand
Le temps s’y transforme en espace
Et l’espace en un instant
Peut dev’nir le temps qui passe

On croise un éléphant blanc
Deux indiens en embuscade
Un troupeau d’élans qui gambadent
Un cheval pur-sang

Le cœur d’un enfant c’est grand
On y voit la lune qui s’déplace
On y voit le bleu firmament
Dans l’coeur d’un enfant y’a d’la place

Le cœur d’un enfant… c’est grand

Pourquoi le cheval ne parle-t-il pas ?

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Pays de collecte : Mali

A l’époque où les chevaux parlaient, une jeune femme voulut se rendre dans un village réservé aux hommes. Le fétiche du village sentit qu’il y avait une femme parmi les villageois. Mais comme elle était déguisée et profitait des conseils habiles du cheval, elle ne fut pas démasquée. Une fois rentrée chez elle, la jeune femme fut ingrate envers le cheval qui l’avait aidée, et celui-ci arrêta de parler.

Le texte du conte sur

http://www.conte-moi.net/contes/pourquoi-cheval-ne-parle-t-il-pas

LE PAON, LA MYTHOLOGIE , LES RELIGIONS

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Selon une légende indienne, à l’origine les paons mâles avaient un plumage brun et
terne. Seule la longueur de leurs plumes les distinguait des femelles. Un jour un paon
aperçut INDRA qui courait comme si un démon était à ses trousses et lui en demanda la
raison. INDRA répondit dans un souffle qu’effectivement il était pourchassé par le terrible
RÂVANA et malgré ses armes il préférait ne pas s’exposer inutilement. Comme RÂVANA
arrivait en courant, l’oiseau déploya rapidement sa large queue et INDRA put ainsi se
dissimuler derrière. RÂVANA passa sans rien remarquer. Une fois le danger passé, INDRA
remercia le paon et lui offrit des plumes aux merveilleuses couleurs. On dit aussi qu’il
devint le héros d’ INDRA et que son cri perçant annonce l’orage.
Le paon est également la monture de PÂRVATI, l’épouse de SHIVA, et de SKANDA,
le Dieu de la guerre, un des fils de SHIVA. Profitant que SHIVA était occupé , le géant
TÂRAKA en avait profité pour semer le trouble. SKANDA, nommé chef des armées par les
dieux, le provoqua en duel et le pourfendit avec son épée.
D’une moitié de son corps naquît le paon et de l’autre le coq.
C’est donc ainsi que la paon est devenu la monture de
SKANDA et le coq (belliqueux ) son enseigne.

Tombe, tombe la pluie

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Tombe, tombe, tombe la pluie
Tout le monde est à l’abri
Y’a que mon petit frère
qu’est sous la gouttière
pêchant des poissons
pour toute la maison.

http://comptines.tv/tombe,_tombe_la_pluie