Tombe, tombe la pluie

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Tombe, tombe, tombe la pluie
Tout le monde est à l’abri
Y’a que mon petit frère
qu’est sous la gouttière
pêchant des poissons
pour toute la maison.

http://comptines.tv/tombe,_tombe_la_pluie

Chansons : Le chanteur des rues – Joe Dassin

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Dans les chansons d’avant-guerre,
Celles de nos chanteurs des rues,
Il fallait faire pleurer la France entière,
Raconter des histoires vécues.
Héros d’la classe ouvrière,
De Jean Jaurès à  Duclos,
La mode était aux sanglots populaires,
Plus tristes encore que les journaux.

C’était toujours une pauvrette
Qu’avait pas d’papa d’maman
Qu’un bourgeois séduisait à  la sauvette
Et plaquait immanquablement.
Elle se retrouvait fille-mère,
Et comme de bien entendu,
Pour échapper à  sa triste misère,
Elle allait se vendre à  la rue.

C’étaient de longs mélodrames
Qui finissaient crescendo,
L’homme épuisé, le soir, battait sa femme
Et buvait sa paye au bistrot.

Chansons révolutionnaires,
Pavés d’la rue Damrémont,
Le temps des c’rises sur un vieux limonaire,
Sauver sa Patrie, sa Nation,
Chansons des anniversaires,
Un p’tit air d’accordéon,
Pour faire guincher les Milou, les Prospère
Dans un bougnat bois et charbon.

Toutes les chansons populaires,
Celles de nos chanteurs des rues,
S’en sont allées rejoindre, à  leur manière,
Les brumes, comme de bien entendu.
Héros d’la classe ouvrière,
De Jean Jaurès à  Duclos,
Qui chaviraient le cœur de ma grand-mère,
Joinville n’est plus au bord de l’eau.

Au bord de l’eau

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Au bord de l’eau

frpar René-François SULLY Prudhomme

S’asseoir tous deux au bord d’un flot qui passe,
Le voir passer ;

Tous deux, s’il glisse un nuage en l’espace,
Le voir glisser ;

A l’horizon, s’il fume un toit de chaume,
Le voir fumer ;

Aux alentours, si quelque fleur embaume,
S’en embaumer ;

Si quelque fruit, où les abeilles goûtent,
Tente, y goûter ;

Si quelque oiseau, dans les bois qui l’écoutent,
Chante, écouter…

Entendre au pied du saule où l’eau murmure
L’eau murmurer ;

Ne pas sentir, tant que ce rêve dure,
Le temps durer ;

Mais n’apportant de passion profonde
Qu’à s’adorer ;

Sans nul souci des querelles du monde,
Les ignorer ;

Et seuls, heureux devant tout ce qui lasse,
Sans se lasser,

Sentir l’amour, devant tout ce qui passe,
Ne point passer !

http://www.poesee.com/fr/poesie/rene-francois-sully-prudhomme/au-bord-de-l-eau.html